La petite Longovicienne
(la petite sœur de la grande)
Longwy, mon amour
Un jour, si vous passez aux confins de Lorraine,
Goûter de ses vallons l'atmosphère
sereine,
Visiter un cousin, un oncle
d'autrefois,
Ou payer votre essence au prix
luxembourgeois,
Bienheureux êtes-vous ! Une auguste commune
Que teint, après l'été, la feuille
jaune ou brune,
Pourra vous prendre à table (à moins qu'il ne soit tard)
Et vous ferez la sieste à l'ombre des
remparts.
Comment ? Vous n'aimez pas les plats de
morbiflette ?
Contemplez les émaux du fond de votre
assiette :
Le turquoise marin et la fleur de
pommier
De leurs douces couleurs sauront les
compenser.
A moins qu'il ne vous faille un peu de
promenade...
Descendez la grimpette en franches
cavalcades !
Ses marches sont nombreuses; la forêt,
l'air pur,
Font supporter sa pente raide comme un
mur.
Si vous avez la force des
métallurgistes,
Venez donc aux fourneaux, ou bien
suivez la piste
Menant jusqu'à la mine... (Ô
tourments du travail
De qui coule la fonte ou martèle le
rail !)
- Mais non, c'est impossible, bien sûr, et pour cause :
Depuis plus de trente ans les usines
sont closes.
Remontez donc la côte, et pour vous
consoler,
Visitez le musée du fer à repasser.
On s'ennuie, dites-vous ? Notre vie
vous est fade ?
Place Darche, un grand bar vous verse une rasade;
Vous y noierez peut-être votre
désespoir,
Car regardez dehors : il se met à
pleuvoir.
Vous commencez alors à rêver de
Belgique,
De monts de chocolats, de frites
authentiques -
Ô traîtres voyageurs, ô touristes
ingrats,
Osant, du cher passé, détourner tous
vos pas !
Longwy ! Malgré l'aspect funestement
sinistre
Que l'on trouve parfois à tes murs
ocre ou bistre
Au creux de ton vallon un peu gris, un
peu vert,
Tu sais au moins encor nous inspirer
des vers.
V. C.
No comments:
Post a Comment