Tuesday, October 25, 2016

Longwy, mon amour


La petite Longovicienne

(la petite sœur de la grande)


Longwy, mon amour

Un jour, si vous passez aux confins de Lorraine,
Goûter de ses vallons l'atmosphère sereine,
Visiter un cousin, un oncle d'autrefois,
Ou payer votre essence au prix luxembourgeois,

Bienheureux êtes-vous ! Une auguste commune
Que teint, après l'été, la feuille jaune ou brune,
Pourra vous prendre à table (à moins qu'il ne soit tard)
Et vous ferez la sieste à l'ombre des remparts.

Comment ? Vous n'aimez pas les plats de morbiflette ?
Contemplez les émaux du fond de votre assiette :
Le turquoise marin et la fleur de pommier
De leurs douces couleurs sauront les compenser.

A moins qu'il ne vous faille un peu de promenade...
Descendez la grimpette en franches cavalcades !
Ses marches sont nombreuses; la forêt, l'air pur,
Font supporter sa pente raide comme un mur.

Si vous avez la force des métallurgistes,
Venez donc aux fourneaux, ou bien suivez la piste
Menant jusqu'à la mine... (Ô tourments du travail
De qui coule la fonte ou martèle le rail !)

- Mais non, c'est impossible, bien sûr, et pour cause :
Depuis plus de trente ans les usines sont closes.
Remontez donc la côte, et pour vous consoler,
Visitez le musée du fer à repasser.

On s'ennuie, dites-vous ? Notre vie vous est fade ?
Place Darche, un grand bar vous verse une rasade;
Vous y noierez peut-être votre désespoir,
Car regardez dehors : il se met à pleuvoir.

Vous commencez alors à rêver de Belgique,
De monts de chocolats, de frites authentiques -
Ô traîtres voyageurs, ô touristes ingrats,
Osant, du cher passé, détourner tous vos pas !

Longwy ! Malgré l'aspect funestement sinistre
Que l'on trouve parfois à tes murs ocre ou bistre
Au creux de ton vallon un peu gris, un peu vert,
Tu sais au moins encor nous inspirer des vers.

                                                                  V. C. 

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